16 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

L’homme qui a vu l’homme, de Marin Ledun

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En ce mois de janvier 2009, la tempête Klaus vient de sévir sur la côte atlantique. Alors que son passage et les dégâts qu’elle a causés focalisent l’attention des médias, un militant basque du nom de Jokin Sasko disparaît. Dès le début, le lecteur sait qu’il a été enlevé, puis torturé, et que les choses ont mal tourné. Mais pour sa famille, une longue attente commence. Prêts à remuer ciel et terre pour découvrir la vérité sur cette disparition, ses proches organisent une conférence de presse. Dépêché sur place par son patron, le jeune reporter Iban Urtiz, tombant sous le charme de la sœur de Jokin, décide de se lancer dans une enquête qui sera longue et périlleuse.

Ayant hérité d’un nom basque par son père mais ayant grandi loin du Sud-Ouest, Iban Urtiz ignore les codes propres au Pays Basque. Il y est un étranger, erdaldun (qui ne parle pas la langue basque), et les premiers à le lui faire sentir sont les personnes qu’il cherche à aider. Totalement novice sur la question des militants basques de l’ETA, son apprentissage va se faire au fur et à mesure qu’il va essayer de dénouer les fils entremêlés d’une histoire complexe mêlant polices espagnole et française, sur une affaire que de nombreuses personnes veulent étouffer à n’importe quel prix.

Et là où Marin Ledun est très fort, c’est que le lecteur ne se perd justement jamais dans les méandres de cette affaire compliquée, inspirée d’une histoire vraie. L’homme qui a vu l’homme est un roman remarquablement construit, qui nous happe dès les premières pages pour ne plus nous lâcher. De plus, c’est un livre intelligent qui ouvre une porte sur une réalité qui nous est étrangère lorsque l’on est erdaldun. Jamais Marin Ledun ne juge ou ne prend position à travers son héros, dont le seul objectif est de faire éclater la vérité qu’il estime due à une famille dans l’angoisse et la peine. Sans manichéisme, il nous mène vers un dénouement – là encore très intelligent – qui laisse un goût amer et suscite la réflexion.

C’est à l’occasion d’un partenariat entre la SNCF et Babelio, dans le cadre de la sélection 2016 du prix SNCF du polar, que j’ai pu découvrir ce roman très réussi. Je les en remercie vivement.

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