29 novembre 2015 ~ 1 Commentaire

Seul dans Berlin, de Hans Fallada

Seul dans Berlin

Lorsque la factrice Eva Kluge effectue ce matin-là sa tournée dans l’immeuble sis au numéro 55 de la rue Jablonski, elle sait qu’elle est porteuse d’une nouvelle qui va dévaster un couple. Nous sommes à Berlin en 1940, le nazisme est triomphant, et le fils unique d’Anna et Otto Quangel vient de tomber au front. Elle doit également remettre à la famille Persicke l’organe de presse du parti national-socialiste, et chez eux une grande joie règne aujourd’hui. Deux des fils Persicke font partie des Jeunesses hitlériennes, et c’est à grand renfort de schnaps que les hommes fêtent la victoire de l’Allemagne sur la France.

Dans cet immeuble vivent également un juge à la retraite, et une femme juive dont le mari a été déporté. Tous ces habitants se croisent, se rencontrent, se surveillent et se méfient les uns des autres. Hans Fallada les suit pas à pas et entraîne le lecteur avec lui, dans un roman époustouflant d’une très grande puissance. Roman de la résistance antinazie en Allemagne (Primo Levi disait qu’il était l’un des plus beaux), « Seul dans Berlin » nous donne à voir de manière très concrète la réalité de la vie des allemands durant cette période. L’auteur y brosse des portraits divers au fil d’environ 700 pages de plus en plus sombres et poignantes. Du couple Quangel, qui de manière fort touchante va entrer en résistance, à Eva Kluge qui va tout quitter pour fuir le nazisme et un époux lamentable, c’est un tableau précis et sans concession de la société humaine en temps de guerre qui se dessine sous nos yeux. Tableau précis également de l’emprise du parti nazi, auquel tout « bon allemand » se devait d’adhérer sous peine de représailles. Ne pas le faire ou vouloir le quitter était déjà en soi un acte héroïque, un acte de résistance que l’on pouvait payer de sa vie.

« Seul dans Berlin », livre inspiré d’une histoire vraie (celle des époux Quangel), fait partie de ceux qui laissent des traces indélébiles dans nos mémoires et nos consciences. Il n’est rien de moins, à mes yeux, qu’un livre fabuleux dont la lecture est indispensable.

Une réponse to “Seul dans Berlin, de Hans Fallada”

  1. dasola 1 décembre 2015 at 19:06 Permalink

    Bonsoir Alienor, je me rappelle avoir lu la version Gallimard de 2004 qui ne comportait pas 700 pages mais qui était déjà très bien. Une histoire qui fait froid dans le dos. De vivre à Berlin à cette période était épouvantable si on n’était pas sympathisant du régime en place. Bonne fin d’après-midi. http://dasola.canalblog.com


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