02 juin 2010 ~ 4 Commentaires

En l’absence des hommes, de Philippe Besson

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Vincent est né avec le vingtième siècle, et sa mère y a vu un heureux présage. Le fait est qu’en cet été 1916, son jeune âge le préserve des horreurs de la grande guerre. Un été qu’il vit éloigné du front, et qui pourrait presque être insouciant. Parce que Vincent est fort de sa jeunesse et de sa beauté, et que sa rencontre avec le grand Marcel Proust  semble propice à lui faire oublier ce qui occupe tous les esprits. Tous deux viennent en effet de faire connaissance, et vont très vite nouer une relation d’amitié amoureuse. 

Mais la guerre n’a pas l’intention de se faire oublier, et une autre rencontre va vite faire basculer Vincent de l’insouciance à la maturité. Letroisième homme de cet été 1916 est Arthur, jeune soldat de vingt-et-un ans qui rentre chez sa mère pour quelques jours de permission. Pour quelques jours de repos, avant de retourner au combat. Arthur est cassé, tant physiquement que moralement, et ressent une urgence à vivre pleinement ces instants car il n’y aura peut-être pas d’autre retour à la maison. Alors dès qu’il retrouve Vincent, qu’il connaît depuis l’enfance, le soldat lui déclare sa flamme sans préambule. Et Vincent s’abandonne à cet amour absolu. 

Ce roman est le premier de Philippe Besson, auteur que je viens de découvrir à l’occasion de cette lecture. Et ce premier livre est également mon premier gros coup de cœur de l’année, tant cette histoire dramatique est belle et grande. Dans un style élégant, sobre et d’une grande pudeur, l’auteur nous emporte avec lui au cœur de cet amour fou et libre, superbe et déchirant. Dans la seconde partie du récit, après le départ d’Arthur, la liaison entre les deux hommes devient épistolaire et leur passion enfle encore. Les lettres qu’ils s’adressent sont toutes plus bouleversantes les unes que les autres. Epistolaire également devient la relation entre Vincent et Marcel, et leurs missives sont très touchantes, Marcel devenant le confident de Vincent qui n’en peut plus de taire cet amour. 

Poignant enfin est le rapprochement entre Vincent et la mère d’Arthur, unis tous deux par la douleur du manque de l’être aimé et la terreur de le perdre. C’est alors au tour d’Arthur de devenir le confident de cette femme pour qui la vie n’a pas été tendre, et qui afin de se soulager va dérouler pour lui le fil de son existence. Ce qui achève de faire de ce livre un roman auquel on ne peut rester insensible et dont il est impossible de sortir indemne. Malgré l’ultime coup de théâtre proposé par l’auteur, qui m’a quelque peu gênée mais que je ne retiendrai pas tant l’ensemble est une véritable pépite. 

4 Réponses à “En l’absence des hommes, de Philippe Besson”

  1. Je l’ai lu l’an dernier. Lecture en demi-teinte pour moi

  2. En lisant ta critique, j’ai pensé à un tout petit livre de Régine Deforges, tout à fait à part dans sa production, « Pour l’amour de Marie Salat » qui raconte une histoire d’amour entre deux femmes qui ne s’attendaient pas du tout à ça. UN livre très touchant, plein de tendresse et de passion.

  3. En échange de ton petit tag limonadier je t’en propose un à mon tour. Rendez-vous sur mon blog

  4. Sébastien L 15 juin 2010 à 18:25

    Lecture qui m’a également passionné. Je lis assez régulièrement les romans de Besson, même si je n’ai pas encore chroniqué celui-ci, que j’aimerais relire.
    Comme tu as aimé cet auteur, je peux te conseiller également la trahison de thomas spencer, ainsi qu’un homme accidentel, ses deux dernières publications, lectures passionnantes!


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