L’origine de la violence, de Fabrice Humbert

Lecture en cours   Ce livre n’est pas un témoignage de plus sur la Shoah. C’est un roman, une fiction qui mêle petite histoire et grande Histoire. La précision est importante à plus d’un titre. D’abord car il ne faut pas se méprendre, la déportation n’est pas l’objet de ce livre même si elle y est centrale. Ensuite car le fait d’avoir ancré cette intrigue imaginée au cœur d’une horreur bien réelle rend parfois la lecture troublante. Cette histoire, narrée par un homme qui n’est pas nommé, semble tellement personnelle que l’on en oublie parfois qu’il s’agit de fiction.

Tout commence par une visite scolaire dans le camp de Büchenwald.  Une visite organisée par un jeune professeur d’un lycée franco-allemand, qui est donc le narrateur de cette histoire. Parmi les photographies présentées, une attire tout particulièrement son attention. Une photo sur laquelle il reconnaît son père. Mais il ne peut bien sûr s’agir de lui, son père étant né en 1942. Hanté par cette ressemblance frappante, le jeune homme va alors se lancer dans une véritable enquête pour découvrir l’identité de cet inconnu. Une enquête qui va lever le voile sur de lourds secrets familiaux et répondre à de nombreuses questions qu’il se posait déjà, notamment sur sa façon de réagir à certains évènements.

Ce roman est beau, tout simplement, et je souhaite vraiment vous donner envie de le lire sans trop dévoiler de l’intrigue. Haletant durant toute sa première partie, qui correspond à la résolution de l’énigme de la photographie, il prend toute son ampleur dans la seconde, dans laquelle l’auteur écrit – à mon sens- ses plus belles pages. Les plus touchantes et les plus émouvantes, notamment lorsque le grand-père Marcel prend la parole et dévoile enfin ses sentiments. Le tout dans un style qui n’a rien d’exceptionnel, mais qui a ce je ne sais quoi qui accroche.

Je ne suis pas la seule à avoir aimé ce livre, et je vous renvoie vers les critiques de Clarabel et de Papillon.

Commentaires

  1. Yv dit :

    Je l’ai lu dans le cadre du prix Orange -il est d’ailleurs dans les 5 finalistes-, mais je n’ai pas aimé. Je trouve la ficelle un peu grosse (= la photo) et je trouve le propos de l’auteur martelé et répété, beaucoup trop pour mon goût. Je préfère lorsque les choses sont dites, certes, mais non point de cette manière lourde.

  2. Une sélection du prix Landerneau qui n’a laissé personne indifférent, apparement.

  3. Denis Billamboz dit :

    Bizarre, quand j’étais à Berlin en avrl dernier, j’ai visité une longue exposition de photos sur la période nazie et j’ai dit à ma femme « tu te rends compte qu’il y a peut-être des Allemands qui découvrent leurs parents en costume nazi sur ces photos. Il y avait aussi ces photos qui montrent les Allemands assassinant les civils russes … ! Cette question me tarabuste un peu tout de même !

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